Une année hors normes

Pluie, froid, grêle, canicule… une rude saison pour nos jardins

jardin-du-moisNous avons connu en Bretagne une année hors normes pour les jardiniers. Ce fut d’abord une année exceptionnellement pluvieuse qui a débuté en avril 2012 pour se prolonger jusqu’au printemps 2013. Une période au cours de laquelle d’énormes quantités d’eau nous sont tombées sur la tête. La pluviométrie présente de grandes disparités dans le Morbihan. Mais pour notre secteur, disons le bassin de Ploermël, il est tombé environ 1100 mm alors que l’on enregistre en moyenne 750 mm de pluie en un an ! Ces pluies étaient les bienvenues après plusieurs années déficitaires, mais elles ont fortement contrarié le travail au jardin. D’autant que le printemps 2013 a été particulièrement long et frais, pratiquement jusque fin juin, notamment avec la persistance d’un vent d’est/nord-est sensible. Les semis précoces ont été difficiles à conduire et on est arrivé à l’entrée de l’été avec un retard de trois semaines à un mois dans nos potagers !
Et puis, à la mi-juin, des phénomènes inhabituels se sont produits avec des orages de grêle qui ont frappé plusieurs secteurs du département. De tels orages sont même qualifiés de «jamais vus» par les plus anciens. Ce fut le cas le 17 juin sur un axe Malestroit-Augan où les cultures de plein champs et les jardins ont subi d’importants dégâts.
Et pour faire bonne mesure, le beau temps est brutalement revenu. Dans notre région on peut dire que c’est une sécheresse inattendue qui s’est imposée jusqu’en septembre…
Alors quelles sont les conséquences de ces évènements climatiques sur nos végétaux ? Il est rassurant de constater que la plupart d’entres eux se sont remis de la grêle, même si d’un potager à un autre le constat varie : les pommes de terre qui ont perdu leur feuillage semblent avoir été arrêtées dans leur croissance, alors que qu’un peu plus loin elles sont superbes. Par contre, la récolte a été difficile avec une terre tassée par les orages et desséchée par le vent et le soleil estival.
Mais nous n’avons peut-être pas encore pris la mesure des conséquences des orages. Il faudra notamment surveiller là où ils ont frappé, l’évolution des arbres qu’ils soient d’ornement ou fruitiers. Les impacts de grêle ont laissé des traces sur les fruits tels que les pommes et sur les branches et les troncs qui ont été lacérés par les grêlons. Ces blessures ont déjà tué par endroits des résineux et pourraient avoir des conséquences à long terme sur le développement des fruitiers. Notamment les cerisiers et les pruniers qui pourraient être affectés par la gommose. Il faudra donc être attentifs au cours des prochains mois sur l’évolution sanitaire des arbres blessés.