L’actualité énergie de la semaine – 23 février

La Chine veut lancer sa première station solaire

C’est une information qui nous vient d’un journal scientifique chinois, le Science and Technology Daily : la Chine préparerait la toute première station solaire pour alimenter la Terre en électricité depuis l’espace. La construction d’une station expérimentale aurait déjà commencé près de Chongqing, une ville dans le sud-ouest du pays.

Située à 36 000 kilomètres de la Terre, la station pourrait capter les rayons du soleil en continu. L’électricité produite serait alors directement envoyée vers notre planète sous forme de micro-ondes. Pour cela, les scientifiques chinois envisageraient de débuter par l’envoi de plusieurs petites centrales électrique dans la stratosphère, entre 2021 et 2025. Celles-ci devraient former d’ici 2030 une centrale possédant une capacité de production d’un mégawatt, puis d’un gigawatt à l’horizon 2050.

Cette conquête de l’espace serait-elle capable de rivaliser avec les énergies fossiles ou encore avec le nucléaire afin de répondre aux enjeux de la transition énergétique ? Réponse en 2050 si le projet aboutit !

 

Loi sur l’énergie : le CESE grince des dents

Alors que la France s’était lancée pour objectif d’atteindre la « neutralité carbone » d’ici 2050, le gouvernement actuel souhaiterait la remplacer par l’ancien objectif : diviser par quatre les émissions de gaz à effet de serre.

Le CESE (Conseil économique, social et environnemental), qui a rendu son avis sur la question le mercredi 20 février, estime que l’objectif de la France reste trop flou et ne manque pas de lui rappeler que selon le projet de Stratégie nationale bas carbone, il est nécessaire de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 83% entre 2015 et 2050. C’est pour cette raison que le CESE « demande donc que cet objectif soit repris explicitement dans l’article 1 du projet de loi afin de clarifier les intentions du gouvernement ».

Le CESE préconise également de maintenir comme cap une baisse de la consommation d’énergie de 20% en 2030 alors que le gouvernement souhaiterait se contenter d’une baisse de 17%.

Bien que ces objectifs soient jugés « plus ambitieux » par François de Rugy, ministre de la Transition écologique, ils s’inscrivent dans un contexte où le Premier Ministre avait reçu le 14 février dernier les ONG à l’origine de la pétition « L’affaire du siècle », qui a récolté à ce jour plus de 2 millions de signatures. Ces ONG qui accusent le gouvernement d’inaction face au changement climatique menaçaient d’attaquer l’État en justice : une menace qui devrait être mise à exécution d’après leur site internet où ils y ont déclaré que « […] l’Affaire du siècle se réglera devant les tribunaux. Nous y déposerons le recours devant le tribunal administratif ».

 

Le Brexit aura-t-il des conséquences sur l’approvisionnement en gaz en France ?

C’est en tout cas une question très sérieuse que s’est posé le quotidien Les Échos. En effet, seuls les fournisseurs installés dans un pays de l’Union Européenne ont le droit de fournir le marché français. Deux chercheurs d’Oxford, Thierry Bros et Patrick Heather, ont confirmé au quotidien que « tous les fournisseurs du réseau de gaz français basés au Royaume-Uni perdront automatiquement leur autorisation le 30 mars ». Un scénario à priori de mauvais augure pour la France quand on sait qu’un certain nombre de ces fournisseurs avaient décidé de s’installer au Royaume-pour bénéficier d’une législation fiscale plus avantageuse.

Pas de panique néanmoins : le directeur financier de GRTgaz (l’un des deux gestionnaires du réseau de transport de gaz en France), Pierre Duvieusart, a confirmé aux Échos que plusieurs de ces fournisseurs installés Outre-Manche sont désormais relocalisés ailleurs dans l’Union Européenne. Il conclu en déclarant qu’il n’y a « aucun risque pour la fin de l’hiver et les mois à venir ».